Avant d’acheter de nouveaux sachets, mieux vaut savoir ce que contient encore votre réserve.
En automne, choisir les lots qui méritent un essai
Avant de commander pour l’année suivante, sortez les sachets entamés et notez leur identité, leur année et la quantité restante. Ce petit inventaire d’automne évite d’acheter deux fois la même chose. En France métropolitaine, il ne signifie pas qu’il faut semer maintenant au jardin : le calendrier de culture reste propre à chaque légume et à votre climat.
Réservez l’essai aux lots anciens ou douteux de légumes courants, dont vous connaissez les exigences. Le haricot sert ici d’exemple visuel, pas de conseil de semis extérieur fin octobre. Pour les graines récoltées au jardin et les questions de fidélité variétale, consultez plutôt récolter ses graines sans perdre la variété.
Préparer un échantillon, pas tout le sachet
La méthode de l’Iowa State University conseille au moins vingt graines choisies au hasard ; davantage donne un échantillon plus utile si le stock le permet. Ne sélectionnez pas seulement les plus belles. Gardez chaque lot séparé et inscrivez son nom, la date du test et le nombre exact de graines.
Humidifiez du papier absorbant propre, disposez les graines sans qu’elles se touchent, puis repliez le papier. L’université de l’Illinois propose un sachet ou une boîte refermable pour limiter le dessèchement. Le papier doit rester humide, sans bain d’eau. L’illustration le montre ouvert pour rendre la disposition visible ; refermez ensuite le montage.
Si vous ne possédez que quelques graines rares, ne sacrifiez pas tout le lot à un essai. Demandez un conseil adapté à l’espèce ou conservez ce petit stock pour un semis suivi : un test domestique doit rester proportionné à son intérêt.

« Un pourcentage utile commence par un lot identifié et un compte exact. »
Observer la germination sans imposer un délai unique
Placez l’essai dans les conditions indiquées sur le sachet. Le protocole de l’Iowa propose environ 21 à 27 °C pour son test général ; ce n’est pas une température universelle. Vérifiez après deux ou trois jours, puis régulièrement, en maintenant le papier humide. Une petite racine sortie de l’enveloppe signale le démarrage de la germination.
L’Illinois rappelle que certaines fleurs demandent une période de froid humide. Un lot qui ne démarre pas n’est donc pas forcément mort : contrôlez d’abord température, durée, lumière éventuelle et besoin de prétraitement. Pour un légume courant, respectez au moins le délai annoncé par le fournisseur plutôt que de conclure après trois jours.
Consignez vos observations dans un tableau simple : date, nombre de nouvelles graines germées, total cumulé, humidité du papier. Comptez chaque graine une seule fois. Les illustrations sont des vues de principe de lots différents, pas le suivi photographique d’une expérience.

Calculer, puis décider sans fausse précision
Divisez le nombre de graines germées par le nombre testé, puis multipliez par cent. Exemple de calcul, indépendant de l’illustration : quatorze graines sur vingt donnent 70 %. Une seule graine représente déjà cinq points sur un lot de vingt : gardez donc aussi le compte brut, pas seulement le pourcentage.
Ce résultat décrit votre échantillon dans ces conditions. Il ne garantit ni la levée en terre ni le nombre de beaux plants. L’Illinois souligne que de vieilles graines peuvent germer mais produire des plantules faibles. Si le résultat paraît incohérent, vérifiez le protocole avant de condamner le stock ; si le lot répond très mal dans de bonnes conditions, prévoir un remplacement peut éviter une place vide au potager.
Notez sur votre inventaire « conserver », « retester avant semis » ou « remplacer ». L’Iowa recommande un contrôle environ un mois avant la plantation : un essai d’automne prépare les commandes, mais ne fige pas l’état du lot jusqu’au printemps.
Ranger le reste au sec et garder la trace
Pour les graines qui supportent le stockage sec, la RHS recommande des enveloppes identifiées dans un contenant hermétique, au frais et à l’abri de l’humidité. Ne remettez jamais les graines humidifiées du test avec le stock sec. Gardez les consignes et l’emballage d’origine.
Cette méthode ne s’étend pas à toutes les graines : la RHS cite notamment les glands et les magnolias parmi celles qui supportent mal le dessèchement. Ne transformez pas non plus une durée indicative de conservation en date de péremption certaine.
Le bon résultat de cette séance est un stock lisible et une liste d’achats courte. Lorsque viendra le bon créneau, notre guide des premiers semis vous aidera à passer du sachet à la culture.

